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Dernière màj le 16/12/2017
Blog créé le 26/08/2009

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Journal de choses suivi de L' après-midi d'un fauve

 16/12/2017
                            
                      "Journal de choses"                  
                     
                              suivi de
                     "L'après-midi d'un fauve"
Copyright Jean-Jacques DALLEMAND -  Novembre 2017 -
A paraître ......



                " Journal 
                       de

                     choses"




Ce texte est destiné à être lu en public, mis en scène par une comédienne, elle-même écrivaine...
Le décor est limité ; Un fauteuil tournant, un porte-manteau et une table nue. Les éclairages ......en ombre et lumière.....

Le bonheur ? Oui ! Mais pourquoi faire ? (en voix off).....
Sous le Franc, le Germain, et sous le Germain, le Celte aussi, la roue tournait-elle dans le bon sens.....
..

Octobre 1958 :

Le bon formulaire reste introuvable, il n'est ni sur la table de la cuisine ni sur un quelconque guéridon ni sous mon oreiller. Tant pis, je n'entrerai pas en sixième......Et si je ne peux pas devenir une grande personne, je deviendrai une machine...j'hésite encore....soit rester éternellement admiratif à l'égard de mon cher Pinocchio sans lequel je m'ennuie, soit devenir adolescent sous forme d'un futur sapeur, et gaffeur Camenber....
En tout cas, je pourrais me priver de nourriture quitte à ne penser qu'avec les mains , ou sans les mains, avec maman ou bien sans maman, mais, soyons-en certain, je ne me priverai jamais de lecture, sans cet encombrement de livres empilés...comment vivre ? Avec le recul , je m'aperçois que je venais de commencer mon long voyage au bout de l'ennui. Avec maman, nous eûmes, tout au long de l'existence, une relation analogue à celle entretenue par le professeur Moriarthy à l'égard de Sherlock Holmes.
J'étais Sherlock.

1959/196O
Je ne sais pas au juste l'âge que je peux avoir. Dans cette famille aucun anniversaire n'est fêté ...mon frère Jean-Pierre n'est plus là pour me renseigner. Je dois avoir un peu plus de onze ans mais pas tout à fait douze, je ne pense pas, je ne me lave pas, je dévore des paquets de biscuits, et parfois je vais jusqu'à mâcher le papier d'emballage, et je lis, je lis..tout en dévorant ces trop fameux biscuits Olibet achetés à crédit chez madame Gau, l'épicière de la rue du Pont Saint Jean, ...Dans l'état présent des choses, je ne possède aucun ami, personne ne me rend visite sauf pour tenter de me violer..... Moi, j'aime les arbres, les pierres, les libellules, les serpents verts, et les lézards, le chèvr efeuille et le taureau qui fait semblant de sommeiller en me regardant, dans les prés du voisin.

Je me sens exilé sur terre après avoir lu et relu de fond en comble "Demain il sera trop tard", un scénario-roman français signé Alfred Machardt traduit de la langue italienne, comme la plupart des oeuvres de Machard, le plus italien de nos romanciers français.....
La fille et le garçon, ses héros, me semblent très proches, presque parents, peut-être cousins......leur passion me fait trembler........J'aurai froid toute la vie à cause de ma passion pour la création de personnages romantiques.

Là où les adultes veulent absolument ne voir que des carrières bien construites prédéterminées par leurs fantasmes et leurs regrets de joies perdues, moi je ne vois d'abord que des cercles...dans lesquels je ne veux pas me laisser enfermer...Je m'éloigne du monde adulte dans lequel je n'ai pas envie d'entrer, je n'y entrerai jamais. Je ne suis pas l'enfant que vous voyez, je ne suis pas moi, je suis "Lui" mais je suis le seul à le savoir.....

Tout mon univers n'était que cercle, en fermant les yeux je me croyais dans l'arène "pollice verso" de Léon Gérôme. Le samnite secutore debout, vainqueur du rétiaire, c'était moi.

                                  §§§§

1961
Prochain trimestre, journées d'épreuves, je suis candidat au certificat d'études élémentaires. Je ne sais toujours pas dessiner. Tant pis, je chanterai le "Chant du départ" du début jusqu'à la fin si toutefois l'examinatrice ne m'interrompt pas avant la fin. En attendant, j'ai déplié une vaste carte de l'hexagone où l'itinéraire du Tour de France s'affiche, c'est ainsi à l'économie, que j'entends enfin apprendre sérieusement la géographie... après avoir disposé une douzaine de centimes percés sur les grandes villes qui m'intéressent.
Chaque édifice renommé à droit à son centime, c'est mon code à cette époque. Le pont du Gard est encore à égalité avec les tables de Locmariacquer...N' ayant encore vu aucun édifice. -mis à part la Tour de Vésone, chacun à droit à sa pièce d'un centime...nous verrons plus tard l'importance que je leur accorderai dans la chronologie....

Jour après jour, je me laisse envahir par les odeurs d'encens, caché le dimanche matin derrière un pilier de Notre-Dame, je me raconte l'Histoire de France, mur par mur, plafond après plafond, tableau sur tableau.
C'est ma façon de vivre intensément ce que je viens d'apprendre la veille. Je n'y dérogerai plus jamais.

A part devenir instantanément général d'armée dès que la guerre d'Algérie sera enfin terminée, non, je ne me vois pas d'avenir vraiment sérieux.
Et plus bas, au creux de l'escalier de l'immeuble, un locataire sur son clavecin joue une fameuse sonate. J'entre en Mozart dès cet instant....

Je n'ai pas de nouvelles de Sylvaine S.......à croire qu'elle ne sait pas écrire.
C'est décidé, je serai condotierre ou rien.
Grâce à Léonard de Vinci, en attendant, je me renseigne soigneusement en écrivant au magazine "Historia", mon hebdomadaire préféré....acheté chaque jeudi sur le kiosque des Boulevards.

Cette année-là, je me souviens d'avoir appris à nager, à nager en me noyant à Barnabé sur les bords de l'Isle.

C'est décidé, jamais plus je ne ferai l'école buissonnière.....

 
A suivre ! 
J'adresse tous mes remerciements à mes fidèles lectrices (9O%) de mon lectorat, soit environ 4OO personnes par jour) auxquelles il faut inclure environ une douzaine de confrères éclairés......


1963-1964

Je m'apprête à interpréter le rôle d'Octave dans les Fourberies de Scapin, avec Jacques Lafont -Scapin- Vincent Fournier -Argante- et J.Lafaye dans le rôle de Hyacinthe......Mise en scène par André Gaillard.
Jacques Lafont est un élève de Jean Cocteau..
...

Etre les autres pour devenir soi-même, cela me tente fort.


1er Décembre 1964 :

Bienvenue au CFM Hourtin : "Ouvrez vos valises", mettez vous nus en rangs par quatre et présentez votre épaule droite à l'infirmière. Demain, nous ramerons sur un lac à moitié gelé. Tant mieux, je serai mieux ici qu'à la maison....
Je me demande souvent si les possibilités de devenir un héros en temps de paix peuvent être aussi fréquentes que dans les romans d'Alexandre Dumas. Disponible pour toute éventualité, chaque soir, en attendant que l'armée soviétique nous surprenne, dieu merci , l'Intendance nous sert des frites.

Mon père s'est plaint auprès du Pacha, sans doute le syndrome Sylvaine l'a t-il surpris....Sylvaine n'écrit pas....moi non plus je n'écris pas. Père me recommande d'être bien respectueux à l'égard mes chefs,  et voudrait-il susciter une vocation d'anarchiste qu'il ne s'y prendrait pas autrement. D'ailleurs, signe anti-conformiste pour l'époque, je reçois un disque 33t de Jacques Brel expédié par Jacques Lafont et je me demande ce que je fais dans cette caserne surpeuplée, malgré tout mon amour voué à ce lac gelé.

Jacques Lafont est ce poète qui signa ce très beau texte"Adieu capitaine, adieu beau matelot".......mis en musique par Jean Nathy-Boyer.
Et maintenant, parlons sexe une bonne fois pour toutes : oui, j'ai lu la Bhagavad-Gîta et l'inévitable Kama-Soutra, mais sans effets particuliers probants à moyen terme, j'avais à peine dix-sept ans, et, me semble t-il , le coeur scellé par des bouchons d'argile.

Mon bateau, l'escorteur d'Escadre "CASSARD" est à l'ancre à Naples, je verrai donc Pompéî.

                                 §§§


Mai-Juin 1968 /
Je ne suis pas encore démobilisé et je ne suis pas non plus Juif allemand. Je serai peut-être comédien.

Septembre 197O : Rien à signaler.
Octobre 197O : Rien à signaler.
Novembre 1970 : Mort du général de Gaulle. Je rachète un transistor portatif de marque Phillips;

1971 :
J'apprends à comparer les madones de Munch d'avec la dame au perroquet de Courbet et je vote Courbet, je vote aussi Ingres pour son odalisque, je vote également Goya pour sa Maya, je vote Léon Gérôme pour sa Galatée et ses baigneuses et ses esclaves.....
J'ai constitué mon premier jury. Je suis un ophtalmique qui s'ignore.

J'entends parler de Régis Debray prisonnier en Bolivie , et moi, j'ai honte, je n'ai même pas tenu le maquis ne serait-ce qu'en lisière de la savane en guadeloupe... Or,.qui n'a pas été maquisard à 22 ans a raté sa vie et je ne sais toujours pas si Ernesto Guevara avait bien reçu mon offre d'aide précieuse. En attendant une réponse hypothétique qui verrait le départ de ma vocation de guerillero, je redeviens chaque dimanche l'hôte de la crémaillère à Montmartre. L'orchestre joue du diabolique tango sans discontinuer.
Je me dis que cet orchestre doit être solidaire avec les rebelles Boliviens et Argentins.

D'évidence, le courrier ne doit bien fonctionner qu'au départ de France ?








1972-1973 :
 
Invité à une soirée d'information au siège du Grand Orient de France rue Cadet à Paris. Hasard ou malchance, je suis vêtu d'un polo à col roulé de couleur noire et affublé d'un tablier en peau de porc , évitant de justesse la peau d'agneau, je resterai sur les bancs trois années durant.

Et je vomirai, sous les colonnes, non pas parce que je fus un des plus jeunes directeurs de Maison des jeunes et de la Culture sollicité en France, mais parce que la fréquentation des Loges m'a très vite donné la nausée.
Il n'y a strictement aucune valeur philosophique en maçonnerie, en revanche, la proportion d'éditeurs véreux mais néanmoins beaux parleurs y foisonne au chapitre des prix.

Depuis, je vomis les Loges car ce n'est absolument pas le bon endroit pour comprendre et pratiquer les langages liés à la symbolique.....A moins d'être sur des postures d'arrogance ou bien homme d'affaires....auquel cas......
Plus tard, J'ai rencontré Liliane Martinez qui vient de travailler chez Planchon à Villeurbanne, je luis dois beaucoup, notamment mon admission, à l'issue de l'oral, à l'Institut des sciences sociales. Après Jacques Lafont, Liliane Martinez, je croise sur mon chemin de l'aventure Georges Coulonges, auteur du spectacle de la Commune, puis Francesca Solleville , et Marina Vlady qui m'ouvre à Tchékov et à la poésie de Russie, plus tard, Madeleine Renault et enfin Denis de Rougemont. Ils ne me quitteront plus désormais.
il manque à cet inventaire un autre être exceptionnel dont je ne parlerai qu'une seule fois.

Esprits dominants de l'autorité spirituelle guidant mes intuitions, je vous rends l'hommage qui vous est dû.
Très chers disparus, vous êtes mon ecclesia.

1977 : Vézère sacrée.
J'entre en connaissance. Je suis désormais un homme blanc attiré par le cercle noir des yeuses qui m'entourent.

Mon hédoniste esprit, s'il veut survivre, ne quittera plus jamais Tursac la Madeleine. L'esprit est né ici, s'est répandu en Orient sous la forme du Bouddha puis est revenu au sommet de Peyzac tout en haut de la côte de Jor.

"Ecarte les choses Ô Amant, ta voie est fuite" dit le sage..... Que vaut un homme ? Personnellement je sais que je ne vaux rien et je ne dis pas cela seulement pour faire plaisir à Ernst Jünger et Martin Heidegger réunis au Panthéon des maudits.

"Dasrein"...oui..mais avec qui ?! Je suis un homme sans qualités, et j'y tiens.

Alors, j'ai commencé à psychanalyser les contes de fées, j'ai conversé avec Charles Perrault et Collodi et j'ai jeté Sigmund Freud aux orties, ne conservant qu'Oedipe et le malaise dans la civilisation, et par-dessus tout, vouant à jamais une seule et immense gratitude à l'égard de Collodi/ Pinoccchio. je suis entré dans un néant d'où je ne sortirai plus.

Je comprendrai plus tard que l'exploration systématique du monde intérieur ne peut permettre que l'éclairage au néant....

                        1977-1987 Je deviens presque adulte

1987 :

 

Quatre jeunes femmes membres de ma famille -mes soeurs- m'accueillent sur le quai de la gare Termini de Rome ; Ginevra Benci, la Belle Ferronnière, la Dame à l'Hermine et Mona Lisa. On ne choisit pas sa famille.....

Cette galerie de chères soeurs par alliance m'est très chère, inévitablement, je me sens renaître surréaliste à chaque séjour à Rome.
Je rêve de loger rue Stendhal ou tantôt boulevard Moravia ou avenue Fellini. Mais, comme de coutume, ce n'est pour l'heure qu'un rêve.

Jacques Lafont ne m'a pas violé, il a tout de même introduit Prévert, et seulement cela tandis que je ne m'y attendais pas le jour de mes quinze ans. Il n'était pas Jean Cocteau et je n'étais pas Jean Marais.

Rome inspire de belles sensations si l'on songe que le cinéma du XX° siècle à Cinecitta y trouva son couronnement. Mais le cinéma italien est aujourd'hui moribond. Giuletta Massina/Gelsomina n'a pas survécu à la révolution de l'art du néo-réalisme.

Je vais chaque après-midi lire Pirandello au Centre culturel Saint-Louis des Français jusqu'au jour à la bibliothécaire insiste pour me raccompagner m'avouant dans un souffle qu'elle sait qui je suis. "Qui suis-je donc ?! "Un agent secret, je m'en doute" affirme t-elle sans sourciller.. Et dès lors, chaque fois que j'ouvre "Nouvelles pour un an" de Luigi Pirandello, il me vient à l'esprit les aventures du Troisième homme.......Je n'habite pas dans ma tête, sans aucun doute...
.

Maria P******** a débuté la traduction de ma pièce théâtrale "le désordre ou Nasica".......l'original est depuis en possession de mon plus jeune frère, devenu Milanais. Il achève son dôme.

Aujourd'hui, Fellini vient de mourir, tandis que les papes  eux, sans vergogne, tranquillement, se succèdent, ils sont remplaçables et infaillibles.

Fellini est aussi infaillible qu'un pape, mais en revanche irremplaçable, lui.

                              §§§


 

 

 


199..........

J'ai cru un instant, pouvoir -sous prétexte que je vis à contre-courant- intéresser mon prochain en imaginant une sorte d'école destinée aux analphabètes. Hélas, mes nobles intentions ont été perçues un peu trop évidentes aux yeux des décideurs politiques de l'époque, qui probablement voulaient m'expédier, au mieux aux galères, au pire, ad patres.  

Et lorsque les caprices d'un créateur d'idées obscurcissent le protocolaire immobilisme de l'horizon politique du département, il advient que L'homme décidément ne peut que se  métamorphoser en un dérisoire mirage.
Mais, bien entendu, mirage ou non mirage, la métamorphose peut devenir soudain davantage qu'une nécéssité, et par exemple, une vocation. C'est le paradoxe du comédien revisité..
...

"Vous avez vingt ans d'avance mon vieux, partez-donc en Amérique" ! là-bas vos idées plairont sans aucun doute, et quand on vous dit "idées" mieux vaudrait dire à votre sujet : "considérations intempestives"....

C'est ainsi que les frustrations imposées aux hommes d'action vont, par génération spontanée,  engendrer la race des philosophes.

"Le dandy doit aspirer à être sublime sans interruption, il doit vivre et dormir devant un miroir" affirme Oscar Wilde, et j'en conviens, ainsi, désormais ai-je décidé de consacrer à la réflexion l'essentiel de mon temps, au creux d'espaces où le fait de nager à contre-courant, loin du troupeau moutonnier, ne risque pas d'entraîner la noyade. La conscience du voyage intérieur sera désormais mon miroir. Et parce que l'idéal d'un miroir consiste à réfléchir, donc à long terme, finir brisé....

J'ai, depuis, définitivement rompu avec l'idée du bonheur.


                                §§§







 

 


19**

Courte adresse à mon frère cadet J***-P*****

Je voudrais -trente années se sont écoulées- te parler de mon inclination naturelle à me laisser glisser sur le douloureux itinéraire qui conduit vers l'état détestable de nostalgie consumante. Je ne suis ni pessimiste ni optimiste. Je crois que je suis artiste né pittoresque. C'est comme si un sentiment de vide ressenti depuis que jadis tu as été placé d'office à l'Internat d'Eymet en Dordogne , absorbait ma conscience.

Le poids du vide et la sombre tristesse du gynécée , à mes yeux maudit, ne remplira jamais la toile, malgré toutes ces années écoulées .Toi qui savait déjà si bien dessiner les formes et les couleurs , j'aurais aimé quelques échos de ton art mosaïque, quelque tableautin, quelque pavement reconstitué par tes soins, à la pointe de ton stylet, avant que tu ne partes pensionnaire au collège d'Eymet.

Hélas pour l'histoire fraternelle enfantine, la maison du Pont Saint-Jean n'était pas la Villa des Mystères, et le Bergerac des années 6O, flagellum maternel mis à part, était loin d'être semblable à Pompéï l'unique.

                                      §§§

1991/

Annus horribilis. J'ai vu la ville d'Urmiè, la patrie de Zarathoustra en même temps que le Kurdistan pris sous le feu des gaz mortels...Trop d'orages durant cette décennie. J'ai cru voir mon frère disparaître dans les cieux, tel Romulus, emporté vers le le mystère après trente-sept ans de règne. C'étaient des vies, c'était des frères humains.....C'étaient des Kurdes, surtout des Kurdes.

"Notre berceau commun fut paraît-il garni de lames de cuivre sur lesquels sont des caractères à-demi effacés, qui peut-être un jour pour nos parents, seront un signe d'une reconnaissance inutile quand nous ne serons plus"...écrivit..Plutarque, à propos de Romulus....
.

Nous aussi, nous étions deux frères. En t'éloignant, tu m'as tué, mais tu as eu raison car je t'ai fait trop de mal. J'étais trop jaloux de tes succès auprès des gens de la famille. Il n'y en avait que pour toi, toi l'ordonnateur de la chasse aux oeufs de Pâques sur la prairie du Moulin fleuri, toi, l'adroit lanceur de balles, toi le favori.....Toi le visionnaire, moi l'errant, le mal-aimé dit si bien Guillaume Apollinaire.

Curieusement, "Alcools" fut le premier ouvrage en version livre de poche que tu m'offris, non sans avoir au préalable inscrit JP en page de garde.

1991 suite.

Après avoir conçu la mise en scène de Georges Dandin au théâtre "Fémina" de Bordeaux, me voici scénographe partenaire de la lionne Monique Peytral sortant de Lascaux II à l'issue de douze années de cloître.

Erection artistique entre elle et moi..mais sans autre dimension ni coloration pâteuse ou liquide propre à enfanter une licorne lascaunienne....Je n'eus pas envie du statut d'esclave torturé pour l'amour de l'art, attaché sur un trépied par les sortilèges de ce nouveau Parrhasios réincarné en monstre pariétal.

Par crainte sans doute de finir tel un morceau de manganèse broyé sous un furieux pilon, j'invoquais l'abstinence subitement, contraint de terminer mon testament intitulé "Carina et ses chats"

Depuis lors, je ne rêve plus en rouge sang, tels ces pigments hématite ayant, in -extrêmis, échappé à ces destins si souvent échus aux carpes et aux lapins....

Je l'avoue, je ne suis pas assez fort pour accepter l'esclavage. A la rigueur vivre en Indien Navajo héroîque sur ses terres quelques instants dans une vie, oui, peut-être, à la condition d' éprouver la gloire d'en chasser définitivement Texaco et son marché de l'uranium, mais jamais ô grand jamais ne se résigner à mourir sous forme de poudre hématite, fût-elle Lascaunienne.

199.

Relu cette année-çi la plupart des ouvrages sur le sujet de l'enfance. Depuis Renan jusqu'à Christian Signol, en passant par Emmanuel Clancier, Antoine Sylvère (Toinou), Daudet, (le Petit Chose) , Jules Renard et son fameux Poil de Carotte, Marcel Aymé et ses contes du Chat perché....revenant à Bernardin de Saint-Pierre (Paul et Virginie) Eugène le Roy (Jacquou le Croquant), Alain Fournier (le Grand Meaulnes), puis Hervé Bazin (Vipère au poing), terminant la série par Le Petit Prince de Saint-Exupéry, les Hauts murs d'Auguste le Breton, sans oublier mon cher Pinocchio de Collodi qui sera mon livre de chevet favori, et lereste encore aujourd'hui.
C'est bien ce que je disais, il n'y a pas d'enfant heureux.
Pourquoi l'aurais-je été ? ou bien peut-être, seuls les enfants heureux sont ceux qui ne lisent jamais ? Et l'enfant que je fus, enfoui sous des kilos de livres fit inévitablement naufrage, loin des terres de la félicité, parce que dès l'enfance je me mis à lire sans cesse plutôt que de me lancer dans la passion des jeux de ballon....

Lire est à la fois ma vertu et mon déclin. Le livre est mon navire, un navire échoué en pleine (mère) mais un navire tout de même. Le mal de mère n'est pas uniquement dévolu aux navigateurs de métier.
Bien que loin des océans, j'étais donc condamné d'avance à m'évader ou sombrer....

.M'évader n'importe où mais hors de ce monde, hors de ce quartier peuplé de romanichels sauvages , batailleurs et suant la haine et champions de foot-ball, , hors de cette ville sans théâtre, hors de ce cercle familial qui interdisait toute lecture sous peine de perdre la vue !

199*

Je suis revenu vivre quelques semaines au creux de la cité des mille et un débris, ici, au pied de ces sept collines, ici où la Louve allaita Rémus et Romulus. J'y reviens uniquement pour le plaisir des yeux, en hommage aux efforts du sublime Michel-Ange. J'y reviens aussi parce que Rome est la cité des chats.

J'ai pris le temps nécéssaire de voir à l'intérieur de Saint-Louis des Français le sublime tableau du Caravage mentionné par Sylvaine O**** dans le fameux ouvrage -signé Dominique Ponnau- qui lui est consacré.
Michel-Ange et Caravage, deux humains-divins, m'ont enseigné la ferveur. J'ai reçu de leur part une sorte d'illumination. Avec un peu de patience, j'aurais pu enfin voir de près les caves du Vatican compte-tenu de ce que chacun d'entre nous doit à Gide, autre génie évolutif s'il en fut. Lui aussi vaticina...
.

Le Gide dont j'admire le style lumineux, véritable Traité permanent des sensations, est un Hercule de la pensée narcissique, proche parent en écriture philosophique du grand Marc-Aurèle probablement, en raison de ses aveux livrés en filiation directe...Et cette année-là :

J'ai écouté s'écouler la divine trinité : Pavarotti, Carreras et Domingo aux thermes de Caracalla, et dès lors, j'ai souhaité ardemment ne pas perdre l'un d'entre eux, de crainte de perdre mon père véritable, un père trinitaire, choisi par mes cinq sens.....

2O**
A défaut d'avoir vécu au siècle de Baudelaire et Delacroix, j'ai commençé de vivre au siècle de Gide et de Dali. Vous ne le savez sûrement pas ; à mon plus vif regret, je n'ai croisé aucun des quatre ; mais je pense souvent à ce qu'ils pourraient me dire du climat philosophique d'aujourd'hui . Parfois , l'impression diffuse de faire partie intégrante de leur univers excite les pensées et donne le goût de saisir la gomme et les crayons à papier. Leurs trajets respectifs donnent à la vie du vrai, du beau, de l'harmonie, et aussi des larmes, et l'écho de leur génie guide souvent mes soupirs....

Chaque printemps en France me ramène inexorablement dans ce village, au pied de cette église , là où pousse un lilas mauve. Il y eut, dit-on, jadis une brave femme chargée d'étaler une jonchée à l'intention des jeunes mariés de Montastruc.... depuis le parvis de l'église jusqu'au pont-levis du château, et, triste présage , les fleurs, en cette froide saison, paraît-il, gelèrent avant que l'aurore ne s'étale.

Sauf l'enfant de choeur réquisitionné, il y eut un chat. C'était son chat, celui de l'enfant de choeur, et il ne tenait pas à s'en séparer, quelles que fussent les circonstances...guerre, famine, enterrement ou mariage. Sous l'aube de l'enfant, tant que la messe dura, les fidèles entendirent miauler. De quelle essence ces jeunes mariés étaient-ils donc ? étaient-ils vrais amateurs d'art ? Avaient-ils l'intention préconçue de faire naître un esclave de l'art ou bien ne songèrent-ils, après tout qu'à l'urgence de se réchauffer en cette drôle de saison où le climat du Périgord livre à l'admiration du monde ses plus belles pépites, que l'on appelle : les truffes.

Aujourd'hui, je voudrais guérir de mon ignorance, j'ai amplement l'âge maintenant. Prenons cela comme une confession avouant par là-même que j'aurais aimé être doté d'une mentalité de Légionnaire de l'esprit. Dans le fond, en réalité, je ne suis qu'un ordinaire matelot soumis au tangage et au roulis de mes réflexions. Mais qui pourrait sans efforts et sans contrainte prétendre entrer en art par la simple opération du Saint-Esprit.

L'art est toujours le résultat d'une contrainte nous dit mon incontournable Gide en son merveilleux recueil "Prétextes".
Penser en artiste....ne fût-ce qu'une pensée.....une seule......


2O12.

Un vide abyssal dû -pour cause de mort- à l'absence définitive de mes trois chers disparus , me fait remonter en un flux ininterrompu, tous les signes du destin extérieur exécutés à mon intention....Ce destin extérieur se présente tel un fantôme injurieux, son visage est celui de la douleur et les chaînes qu'il exhibe empêchent de dormir à tout jamais. Mes trois chers disparus n'iront plus, comme trois fleuves d'Aquitaine , rejoindre mon océan.

La douleur n'existerait pas si nous pouvions la définir et ne pas la subir. Qui es-tu donc douleur, de quelle essence supérieure es-tu faite, de quelle autorité supérieure dépends-tu .....et comment par ta présence invisible ose-tu prendre une place qui ne te revenait pas de droit. Degré par degré, le vide résume à lui seul la vérité de la monstrueuse mission qui est la sienne. Par une absurde et diabolique opération connue de lui seul, le vide incréé et sa nature arbitraire se saisissent de trois humains exceptionnels, jusqu'ici vivants, dont le seul crime fut d'aimer.

Mais le vide , cette autre vie, n'est-il pas une hérésie, tout comme l'idée d'émigrer sur la lune, par exemple. L'autre vie est à l'image de cette mère spartiate donnant elle-même son bouclier à son fils : "Reviens dessus ou dessous", mais ne fuis pas le combat.....A moins d'être philosophe et non pas guerrier.
Et vous trois....: Jacques Lafont, génial acteur, maître de la rime, grand initiateur... Liliane Martinez , noble et digne femme venue , via Villeurbanne, de la rouge Espagne, et toi, Mijo, la servante au grand coeur, émule de Sainte-Thérèse d'Avila, sachant ton Baudelaire sur le bout des doigts, vous avez tous trois rejoint l'autre vie, les espaces vides, me laissant sur terre ignorant orphelin, me laissant homme de trop, homme foudroyé, en somme, un homme sans qualités.

Je suis las de faire l'Homme.


2O1.
Filles folles, mes muses....

Sur ces entrefaites, je retrouve chez un bouquiniste, non sans une certaine délectation, une magnifique édition du génial romantique, Alfred Machard, et son fameux "Demain, il sera trop tard", qui entre nous, adapté pour le cinéma, avait reçu le Prix du meilleur film italien ainsi que le Prix du meilleur scénario.
Traduit en langue italienne sous le titre "Domani é troppo tarde".....Ma première lecture date d'octobre 1958, moi aussi, j'aurais voulu sortir de l'enfance par ondulations mais un demi-siècle écoulé ne m'a pas permis d'y parvenir. Je viens , tel un maître Fifi du Moyen-Age de vidanger un demi-siècle d'aveux car ce que l'on dit de soi -dit Renan- est toujours poésie, et, dois-ajouter sans vanité aucune, tant mieux si tant est qu'il soit possible d'éviter toute posture de vanité en jouant au petit saint bien humble.
 

Alfred Machard a été mon premier inspirateur, et si, aujourd'hui, j'écris "Journal de choses" à l'intention des comédiens, je crois que je l'ai déjà dit, eh bien, le comédien, c'est ausi moi , bien que je ne sois pas le personnage décrit d'un bout à l'autre du récit , par le simple fait que je supporte très mal la poussière des marronniers. Quand à m'offrir des madeleines, il n'en est pas question.

Certes, je suis l'auteur, donc un comédien.... Un auteur, quelqu'il soit n'est-il pas fatalement un comédien ? d'abord et avant tout un comédien, un comédien atttardé , sans doute , mais comédien inexorablement car la vérité n'est jamais son affaire.
Pour être un, il est cent personnages, et les muses ne sont après tout que des filles folles.

                          II° PARTIE
                 "L'APRES-MIDI D'UN FAUVE"


 

 

 

 

DEUXIEME PARTIE :
                    L'APRES-MIDI D'UN FAUVE

Certaines vérités, prétendument révélées par quelques races parasitaires de fonctionnaires ennemis de l'art, donc gens inutiles; ces vérités, dis-je, pour pathétiques qu'elles soient, surtout lorsqu'elles sont habillées d'arguments "logiques" n'ont que rarement fait bon ménage avec l'univers des arts, en général, et de la littérature en particulier, mais foin des fonctionnaires et des contempteurs de l'art, entrons de plein pied dans le vif du sujet.

Proust, à l'instar de Sigmund Freud, Proust, ce grand descripteur à la sensibilité si féminine n'a fait que se mentir à lui-même, rappelons-le ici. A moments perdus, entre deux tasses de thé, il aurait pu malgré tout donner quelques leçons au maître de la peste dans le domaine du songe-creux et de l'art de s'écouter penser sans en faire profiter l'humanité.

D'un côté du miroir, Proust au maniérisme bien articulé et de l'autre, un Montaigne spontané , intuitif, observateur, n'hésitant pas, sans se lasser, à produire de la réflexion sensée. Proust, au fond, produit de belles ombres, tandis que dans la forme littéraire de son oeuvre, seuls les lecteurs, juristes oisifs dans l'âme, trouveront chez ce Saint-Marcel matière à souffrir davantage. Même ses pâtisseries ont mauvais goût.

Chez d'autres maîtres, engagés dans leur vie sociale, que ce soit chez Gide, chez Mauriac le faux croyant et vrai dévot, ou chez Renan l'érudit, le particularisme de leur style évolutif est à retenir; leur style révèle à la fois la qualité de leurs convictions et la force de leur pensée. Par leurs engagements (Gide en Russie, Mauriac dans ses fresques illustrant les vices de la bourgeoisie bordelaise, Renan ayant pour mission d'éclairer le lecteur à l'aide de son rationnalisme critique, et de sa relecture aventureuse du christiannisme, aucun des trois n'a cédé à la facilité d'infuser de la fausse sincérité si bien offerte par Proust.

Proust, sur un plateau d'argent, afin que les amateurs d'auto-flagellation puissent enfin avoir accès au refoulement, nous a servi une anthologie du décor indigeste à portée de main, une sorte d'Acropole de sensiblerie alchimique.

Sur la scène du monde de l'art, la littérature, la philosophie, la spiritualité, la peinture, l'art en somme, et ses pratiques n'offre, il faut le dire, le plus souvent que du mensonge.et de l'illusion et c'est ainsi, peut-être , que seuls les personnages humains à fonction théâtralisée, sur la scène de l'existence, le temps d'une représentation d'une soixantaine d'années sont animés d'une quelconque vérité, s'ils n'oublient pas le recours à l'ironie....
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L'Homme est mensonge. L'animal est vérité. Entre les deux, il y a l'ironie.

(corrections effectuées sur ce chapitre -  Mille excuses chères lectrices) !


II.- Chapitre


Que ne suis-je né pierre, ou bois, chèvrefeuille ou mieux encore, tout simplement sous forme de créature idéale à contempler : disons : chat.
Le chat ne subit pas la vie des hommes, il l'impose aux hommes. Il peut , le cas échéant, l'offrir à l'humain, tandis que moi, nourrisson attardé jusqu'à l'âge de sept ans, seul le roulement grinçant de la toupie de bois en ces années 5O pouvait m'éveiller. J'aimais être cerné de tous côtés par ces cloisons ripolinées jaune citron , affichant des reflets gobelins vert-épinard...Le bon goût absolu...
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N'étant pas né chat, mais assez familier des chatières, je ne voyais qu'une seule issue, enjamber en rêve les toits pentus de la rue Huguerie, et, tel un chat, que je ne suis pas encore à cette heure-çi, mais dont j'ambitionnais la condition, j'imaginais courir jusqu'aux grises potences américaines des quais de Garonne, afin d'y respirer les odeurs de café mélangé au relents de poisson portugais.


Nous n'osions pas désigner,  ne serait-ce que du doigt, ces potences perdues sous la grisaille, pas plus que les appeler grues, parce que l'appelation suggérait la connaissance des filles folles de joie : celles que l'on disait grandes arpenteuses de Mériadeck et de la pluvieuse et mal pavée rue Sainte-Catherine. Il y avait, en cette première moitié du vingtième siècle, la mode bordelaise, dite des Chartrons, où les finales pointues du beau et distingué langage si cher à Mauriac, n'étaient que pudeur et rougissante confusion.

Pour nos Dames de France, et les enfants de Sempé, il n'était pas encore question de s'aliéner l'opinion d'autrui. 




III.-

 

 

 

Le chat, lui, bénéficie d'une dispense qui lui économise son grand tour du monde et des continents, il ne portera jamais ni col bleu ni pompon rouge quatre années durant..Il n'ira pas vivre aux amériques chez les indiens Apaches Navajo pour y découvrir le salut au soleil. Aucun chat de la génération "Jock" n'aura , hélas, éprouvé, au temps où j'étais humain , davantage que moi le désir de mutation. Et je tiens à dire , à l'heure de sublimer mon désir de m'enchater , que nul n'est responsable de sa propre métamorphose...

Alors, je dis , sachons, désormais révolu le temps des chevaliers. Posons l'armure et le phallus inutiles, décrispons-nous. Et pourquoi, sinon refuser bêtement les joies de la métamorphose, autre choix, ne pas devenir subitement fou à lier ? J'ai une envie subite de livrer un modèle de ma folie, avant que je ne vous confie le procédé insolite de ma métamorphose en cours d'étude. Premièrement, je dis que les artistes capables de s'introduire au creux des souterrains de Font de Gaume et de Lascaux étaient des fillettes, voyez à quel point je suis fou, et j'ajoute que, tant que nous y sommes, l'image Dieu pourrait tout aussi bien être du genre féminin, un principe féminin où si l'on préfère, une intentionnalité....

Ce nouveau caprice, je l'exprime alors que l'homme anti-artiste, n'admet pas encore que Dieu, puis le monde , puissent être réellement une très jolie femme, une femme en soi, à double nature évidemment, chose qui n'existe pas dans le réel, sauf si Gustave Courbet nous y invite.

....Ces pauvres hommes banalisés, plaignons-les, surtout s'ils ne connaissent pas Courbet, engoncés dans leur conformisme béat, ainsi, comment pourraient-ils comprendre grand-chose au monde qui les entoure, à moins que seul un Freudien hérétique et transgenre ne leur mette ce postulat à portée de raisonnement. Au titre d'ignorant, de prédateur d'idées, d'ex-mauvais mari, bref, de Dyonisien presque accompli,  je leur dis : il ne suffit pas d'entrer dans l'ordinaire du fou heureux de ses croyances et de ses superstitions, mais plutôt de tenter l'impossible, c'est-à-dire l'audace absolue. Sur les traces de Darwin fidèle à son message, si possible, évoluons...dépassons-le, et en vitesse.
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En résumé, qu'est-ce qu'un audacieux ? sinon un fou qui n'a pas encore été reconnu en tant que tel.


 IV.-

 

 

 

 

 

Sur ces entrefaites incitons chacun à cesser un peu les adresses par trop respectueuses à "Monsieur le Monde " et à son créateur supposé , jusqu'ici nommé arbitrairement par les délirants individus monothéistes : "principe masculin"...
...

Voyons plutôt "le Monde" actuel et son "Dieu" tel que nous le percevons faussement, maintenant avec un autre regard, et que notre réflexion nous incite à lui accorder, non par galanterie désuète, mais plutôt par nécéssité philosophique, une nouvelle identité, plus conforme à notre temps.
Je verrais bien un principe en forme de papesse, ou en robe d'avocate, ou en tenue d'huissière, la matraque de C.R.S. bien en main ou mieux encore sous le képi de générale de la Légion Etrangère...Voilà ! ..Ne vous ai-je pas bien démontré, dans mon cas, mon noir désir d'ambiton et le bien-fondé de mon renoncement à l'itinéraire de la folie?
S'il ne s'était agi de ne considérer l'esprit féminin créateur qu'uniquement sous la forme d'une infirmière ou d'une star de la chanson télévisée, cela eût été tomber bien bas. Maintenant à compter d'aujourd'hui, je déclare : le "Monde" est une chimère et "Dieu", un principe féminin. Ne dit-on pas, à juste titre, une planète, une terre, une jouissance ? Par pitié, assez de Dieu masculin n'ayant crée que des famines, des guerres, des ouragans, des républiques et des hommes, voyons plutôt la toute nouvelle réalité. Jetons aux orties une fois pour tous ces Vichnou, El et autres Allah.

L'homme de ce siècle aurait mission unique de n'exiger aucun partage du pouvoir. Seule la contemplation de l'univers serait son unique destin dans la recherche du savoir-jouir enseigné par "Dieu-Femme", en tous domaines : nourriture biologiquement saine, soins attentifs, gracieuseté et superflu de bonne humeur....juste pour nous remercier.....

A lundi chères lectrices !  (Merci Madeleine) !

 










 

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