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Le jardin thérapeute

 17/05/2015

Qui n’a jamais joué les apprentis jardiniers en enfouissant un noyau d’avocat dans un pot ? Ou, plus chanceux, a été initié à l’art d’arroser les fleurs ou de récolter des carottes en aidant ses grands-parents ? C’est avec le même bonheur que nous tentons de cultiver du basilic sur le rebord d’une fenêtre ! Car tout en sollicitant les sens, le jardinage nous réinscrit dans notre histoire. Et cela profite à notre santé comme le montre l’hortithérapie.

Balbutiante en France, bien que fondée dès la fin du XVIIIème siècle par le psychiatre américain Benjamin Rush, cette discipline s’appuie en partie sur cette fibre émotionnelle pour accompagner le traitement de l’autisme, des migraines, de la dépression profonde, de l’épilepsie ou pour soigner les personnes âgées. Le dernier plan Alzheimer oblige d’ailleurs les unités à se doter d’un jardin de préférence « thérapeutique » où les patients, leur famille et le personnel hospitalier se réunissent pour biner ou désherber. Jardiner ainsi est « susceptible de prévenir l’émergence de certains troubles ou d’une dépendance, d’infléchir le cours de certaines pathologies (neurologiques, psychiatriques), d’améliorer les conditions de vie », résume Denis Richard, chef de service à l’hôpital Henri Laborit à Poitiers.

 

Jardins et bien-être

Mais l’hortithérapie s’inscrit aussi dans une démarche de bien-être. « Les plantes et les gens ont en commun le cours de l’existence », rappelle le pédopsychiatre Dominique Sauvage (inHorticulture et programmes thérapeutiques de la psychiatrie et du handicap, mai 2009). Germination, croissance, maturité, vieillissement, mort... le lien que nous établissons avec l’être vivant que nous protégeons des intempéries et des maladies nous renvoie à notre condition. Or, certaines plantes « peuvent réchapper d’un cataclysme et pousser à nouveau », poursuit-il. Une métaphore à méditer !

« Ça maintient en éveil intellectuellement », constate de son côté Anne Chahine, 70 ans dont quarante de jardinage, et qui préside l’association Jardins et santé. « On n’a jamais fini d’apprendre comment les plantes et les insectes interagissent. On rem- place les espèces, on taille autrement un buisson. Un jardin est toujours en mouvement. » L’aménager stimule effectivement les fonctions cognitives. Il faut savoir se repérer dans le temps et dans l’espace, mémoriser les noms des végétaux... École de patience et de frustration, jardiner permet également de renforcer son tissu relationnel et la confiance en soi, car les amateurs s’échangent des conseils et reçoivent des compliments. Et puis, cultiver ses propres fruits et légumes garantit des produits « frais et sans pesticides » ! De quoi faire le plein de nutriments.

 

Jardiner pour garder la forme

 

Seul bémol : ce loisir fait mal au dos. « Mais aujourd’hui on ne bêche plus, on utilise une grelinette ! », rétorque Anne Chahine. L’outillage moderne tente de réduire les douleurs et la fatigue. Et en veillant à varier les positions et à ménager sa colonne vertébrale, tenir un arrosoir, tondre ou défricher tonifie tout le corps. Ratisser ou tailler travaille l’équilibre et la souplesse. Rempoter entretient la mobilité articulaire, y compris sur des gestes fins. « Un individu peut brûler autant de calories en 45 minutes qu’en 30 minutes d’aérobic », promet Denis Richard qui préconise cette activité trois fois par semaine pour garder la forme. Faire des exercices de fitness en entretenant un espace vert ? Il fallait sans doute être anglais pour l’inventer ! Cela s’appelle la « green gym ». Hélas, ce jardinage sportif, collectif et écolo né en 1998 tarde à traverser la Manche.

A lire

Quand jardiner soigne
de Denis Richard Delachaux et Niestlé, 2011.




 

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